Photographie haïtienne : mémoire, résistance et lumière du réel.
- Johnson Sabin

- 3 déc. 2025
- 2 min de lecture
En Haïti, la photographie n’est jamais neutre.
Elle est un acte de survie, un geste de mémoire, une manière de retenir ce que le pays efface trop vite : les visages, les cris silencieux, les luttes invisibles, les traces d’un peuple qui résiste encore. Dans les rues de Port-au-Prince, chaque image est un témoignage. Chaque photo dit : “Nous avons existé, nous avons résisté.”
Photographier ici : raconter l’indicible
La photographie haïtienne est profondément liée au réel. Elle n’idéalise pas, elle révèle.
Dans un pays où la violence s’installe au quotidien, où les familles déplacées reconstruisent leur vie sous des tentes et où les mouvements sociaux cherchent un souffle, l’appareil photo devient une arme de vérité.
Être photojournaliste haïtien, c’est accepter d’aller là où la lumière se heurte aux ombres.
C’est documenter l’urgence sans jamais oublier l’humain.
La mémoire comme résistance
Chaque image porte en elle une histoire qui pourrait disparaître.
Les visages, les rituels vodou, les espaces dévastés, les gestes d’amour, les colères, les marches silencieuses… tout cela compose un paysage humain que je m’efforce de préserver.
La photographie devient alors un espace où les morts trouvent une place, où les vivants sont reconnus, où la dignité survit à la douleur.
Rendre visible ce que l’on ne regarde plus
En Haïti, le monde voit souvent les ruines, rarement les détails.
Or, ce sont les détails qui racontent :
• une main qui serre une autre pendant un cortège funéraire,
• un enfant qui joue dans un camp de déplacés,
• un vodouisant qui porte une lumière intérieure dans un cimetière,
• une mère qui pleure son fils disparu au milieu du chaos.
Conclusion : photographier comme un acte d’amour
Photographier Haïti, c’est aimer Haïti.
C’est accepter la douleur, mais aussi reconnaître la beauté.
C’est témoigner pour que les générations futures sachent ce que nous avons traversé.
C’est refuser le silence imposé par la peur.
La photographie haïtienne n’est pas seulement une discipline :
c’est une voix.

Une mémoire.
Une résistance.
Et, quelque part, une promesse de lumière.


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